Margaret Hamilton est la femme à l’origine des premiers pas de l’homme sur la Lune grâce à son travail sur le développement des logiciels de la mission Apollo 11. Si son nom ne vous dit rien, vous avez déjà surement vu une photo d’elle posant à cote de la pile de code en langage assembleur utilisé pour la mission Apollo (voir tout en bas).

Margaret a marqué l’histoire en posant les bases de l’informatique moderne avec la conception du système embarqué du programme Apollo.

Ce dont on parle moins est qu’elle était maman d’une petite Lauren. Elle a mené son travail et sa carrière avec brio en plus d’élever sa fille. Ce qui à l’époque était relativement hors du commun.

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copyright: ©Hackaday

Chronologie

  • 1936: Naissance dans l’Indiana
  • 1958: à 22 ans, elle obtient sa licence de mathématiques
  • 1960: elle intègre le MIT pour développer des logiciels de prédiction météorologique et se découvre une nouvelle passion
  • 1961-1963: elle travaille sur le projet militaire SAGE au MIT, l’un des premiers systèmes informatiques de défense antimissile
  • 1963: elle est recrutée par le laboratoire DRAPER au MIT. Elle y travaille pour les missions du programme Apollo de la NASA sur les logiciels embarqués dans les vaisseaux spatiaux qui doivent prendre en charge la navigation et l’atterrissage sur la Lune
  • Une de ses grandes inventions a été de donner la possibilité à l’ordinateur de prioriser des tâches. Lors de la mission Apollo sur la lune, l’ordinateur était submergé d’informations. L’atterrissage, étant la tâche avec la plus haute priorité, a été possible grâce à l’architecture du système d’exploitation de Margaret

Mère pionnière

Dans les année 1960, Margaret Hamilton représentait une exception dans le milieu informatique:

  • Femme au milieu d’hommes
  • Elle occupait un poste à responsabilité technique au sein du milieu scientifique
  • Elle avait une fille

Elle devait affronter les critiques des personnes qui ne comprenaient pas qu’une mère puisse poursuivre une carrière en parallèle. Elle a été à de nombreuses reprises moralement critiquée. On la rappelait sans cesse à son rôle de mère.

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Mère-fille, duo de choc

La maternité n’a pas été un frein au travail de Margaret, bien au contraire. Elle était tellement passionnée par son travail que pendant ses longues heures de programmation, elle n’hésitait pas à emmener sa fille à son bureau.

Lauren s’amusait parfois avec les simulations créées par sa mère, pendant que cette dernière configurait les logiciels de routine qui seraient utilisés par le module de la navette. Ce passage, raconté par Margaret, raconte une anecdote sur une découverte faite grâce aux expérimentations de sa fille.

“My daughter Lauren would often come to work with me at nights and weekends because we were all so dedicated. There wasn’t a time when we weren’t working. She liked to play astronaut because she saw me playing that way in certain simulations we would run. This was in a hardware simulation because we wanted to try how the software worked with all the other things—the astronaut, the hardware. So I remember one time when Lauren’s simulation crashed and I thought, ‘Oh my god, how did that happen?’

We checked it out and she had done something the astronaut was never supposed to do. Because, once you lift off prelaunch, you’re now on the way. She selected P01 which was the prelaunch program during mid-course flight. So I went back and looked at the listing and sure enough that would be possible. So I brought it to the people, whoever was involved, saying this is amazing, look what happened. I don’t know which people at NASA or MIT said, ‘Well it’s never going to happen because the astronauts are so well trained. It’s just not going to happen.’ I said but what if it does happen. My whole emphasis was always what if, right?

I wanted somebody to make the error detection recovery code saying, ‘Hey, this is not the right time to select P01.’ That’s what the code would do. They kept saying, you know, it’s not going to happen. So I wrote a program note because that becomes part of the spec so the astronaut knows it’s there. They can find it and the program notes said simply do not select one during flight. That’s what the note said.

Well, the very next flight, Apollo 8, that’s exactly what happened. After that they said, “Yes, Margaret, you can put that change in there.” So it did get in there for the very next mission.

Grâce à Margaret et son équipe, les données de navigation purent être renvoyées à temps au module d’Apollo 8 et sa trajectoire fut corrigée.

Ses réalisations et innovations, à une époque où les femmes ne constituaient qu’une minorité, ont contribué à ouvrir la discipline informatique aux femmes. Aujourd’hui, Margaret Hamilton est une figure inspirante pour toutes les femmes dans le milieu technique, mais également toutes les mères qui poursuivent une carrière. Elle incarne tous les possibles.

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copyright: ©Draper Laboratory; restored by Adam Cuerden.


Sources :